Le mardi suivant, j’ai agi sans attendre. Valises déposées devant la porte. Serrures changées. Dossier préparé avec les reçus et les photos.
Quand Julien est rentré, son regard s’est figé.
Je lui ai lancé les preuves à ses pieds. « Ne me mens pas. Pars. »
Je m’attendais à la colère, à des excuses maladroites ou à des justifications confuses. Mais il s’est effondré en larmes.
Puis il a prononcé une phrase inattendue :
« Avant de décider… appelle le numéro sur les reçus. »
Le fameux numéro : un appel qui change tout
J’ai composé le numéro, le souffle court.
Une voix posée a répondu : « Résidence médicalisée Les Tilleuls, unité de soins palliatifs. »
Soins palliatifs.
Ces mots ont mis quelques secondes à prendre sens.